Histoire de l’école libre de Cras-Avernas


Début et évolution de l'école

A cause de la loi scolaire de 1879, due au parti libéral, que naquit l'école libre de Cras-Avernas.
Le 21 janvier 1879, le gouvernement déposa un projet de loi réformant la loi de 1842 sur l'enseignement primaire.
Cette loi prévoyait que chaque commune devrait posséder au moins une école primaire laïque et neutre, qui ne dispenserait pas de cours de religion.
En outre, les instituteurs seraient uniquement choisis parmi les diplômés des écoles normales officielles, dont le cours de religion serait également exclu.
Enfin, les provinces et les communes ne pourraient plus subsidier des écoles « libres » (c'est-à-dire catholiques)

Les autorités religieuses donnèrent des instruction afin de préserver l'enseignement à base religieuse.
Les catholique de Cras-Avernas avaient comme chef monsieur Charles Wauthier, qui habitait avec sa soeur Mlle Arsène Wauthier et son frère monsieur Louis Wauthier dans leur propriété familiale.

Le curé de cette époque, L'abbé Duschesne, mit sur pied une école avec l'appui financier de la famille Wauthier.

La première école était une ferme ancienne, appartenant à la famille Wauthier,  située au lieu dit "Le Petit Mont", et dénommée "Ferme Tonglet", aujourd'hui démolie.
Le bâtiment ne servaient plus qu'à des fins agricoles.

Des pièces furent restaurées et la cour de la ferme servait de préau.
Au cours de l'année 1879, l'enseignement aux grands enfants furt donné par l'Abbé Duchesne. Les petits enfants furent confiés aux soins d'Eugène Collin, un habitant de la commune qui avait eu un excellent parcours scolaire à l'école primaire et qui plus tard, de 1904 à 1923, Bourgmestre de la commune.

Comme le curé ne pouvait négliger son ministère, l'enseignement fut repris par M. Diet, un jeune homme de la commune porteur du diplôme d'instituteur.
Mais comme il désirait une meilleure place, et que monsieur Collin n'était pas préparé à être directeur d'école, le curé et la famille Wauthier recherchèrent du personnel enseignant.
C'est ainsi qu'ils se mirent en rapport avec la congrégation de l'Enfance de Marie de Nancy.


En 1880, deux religieuses, soeur Angèle et soeur Lidwine, arrivèrent à Cras-Avernas. La famille Wauthier avait pris à sa charge le salaire des deux religieuses, et l'entretien des locaux.
Il y avait alors une classe inférieure et un classe supérieure. Elles eurent certaines difficultés à cause de la lutte politique ardente dans la commune.
Comme les vieux locaux ne convenaient guère à une école, Mlle Arsène Wauthier envisagea la construction de nouveaux locaux, qui furent terminés en 1884.


Les deux religieuses prirent possession des nouveaux bâtiments construits rue de Houtain pour la rentrée 1884-1885, soeur Angèle s'occupait de l'enseignement supérieur. Comme les deux religieuses n'avaient pas de diplôme belge, cela mit l'école en difficultés en 1897.
L'entretien des écoles libres et le paiement du personnel constituait de lourdes charges pour les catholiques. C'est pourquoi en 1897, le gouvernement à tendance catholique qui était au pouvoir proposa aux Chambres une loi scolaire en vertu de laquelle l'enseignement libre pouvait être subsidié par l'état à condition que le personnel principal ait un diplôme belge.
Les deux soeurs durent donc rentrer en France, car elles ne voulaient pas obtenir le diplôme belge.


Le curé Strengnart se dépensa pour trouver des remplaçantes, mais à cause de la loi, les instituteurs(rices) étaient très demandés.
Le curé trouvé finalement trois enseignantes laïques: Mlle Maria Pirard de Velm, Mlle Julienne Vandervorst de Montenaken, et Mme Ernestine Vinks de Osmael.
Elle enseignèrent pendant deux ans, mais ce n'était que des places provisoires, et le curé ainsi que la famille Wauthier préféraient des religieuses.


Le curé Stengnart écrivit à la congrégration de la divine providence de Saint Jean de Bassel en France, et finalement en 1899 trois religieuses de la congrégation de la Divine Providence prenaient la direction de l'école pour ne plus la quitter: Soeur Joseph-Marie Guly, Joséphine Delorme et Isabelle Salmon. Il y avait deux classes primaire mixtes et une école dominicale.
Soeur Joséphine avait la classe supérieure, et soeur Isabelle la classe inférieure.
L'année suivante, Isabelle remplaçait Joséphine dans le degré supérieur, car celle-ci devait se rendre à Walhain et une nouvelle soeur, Stéphanie Toussaint, arrivait à Cras-Avernas pour l'enseignement dans le degré inférieur.


le 19 mars 1902, une école gardienne fut créé, et aussi une école dominicale pour les grandes jeunes filles.
Celle-ci était sous la direction de soeur Emilie Tischeur. elle fut remplacée en octobre 1902 par soeur Marie-Florentine Stoeffler.


Le 1 octobre 1903, soeur Stéphanie était rappelée par ses supérieures, et remplacée par soeur Marie Célinie Himmerlé, qui reprit l'enseignement en degré inférieur.

Vers de nouveaux bâtiments

Mais en 1902, une nouvelle difficulté surgit au niveau des locaux. Mlle Arsène Wauthier avait fait bâtir en 1884 son habitation personnelle à côté des locaux de l'école. En 1891, elle partit pour Louvain, laissant sa propriété inachevée. Rentré à Cras-Avernas en 1891, elle mourut le 18 septembre 1901. Monsieur Nihoul, hériter des bâtiments, dût envisager l'achèvement de la construction inachevée, et sa location. Celle-ci était irréalisable avec le voisinage de l'école.


Il fallait envisager un nouvel endroit, dont le principe fut décidé en accord avec Monseigneur Rutten, évèque de Liège lors de sa visite à Cras-Avernas en 1902, à l'occasion de la bénédiction de l'aggrandissement du choeur de l'église.
Cest par hasard que l'aumonier des Religieuses Augustines de Reims passa à Cras-Avernas, à la recherche d'une propriété devant servir de refuge à cette communauté expulsée de l'hôtel-Dieu de Reims en vertu de la loi Combe.
Celles-ci admirèrent la présence de l'école à leur côtés, et les deux communautés vécurent ainsi en mitoyenneté. De 1913 à 1922, année au cours de laquelle les Augustines rentrèrent en France.


D'autre part monsieur Nihoul désirait occuper les bâtiments. Mais une fois de plus la générosité de madame Wauthier mit à leur disposition des bâtiment construits en 1890 pour l'exploitation de la ferme par Monsieur Wauthier, et qui étaient sans emploi. Elle finança les travaux de rénovation, ainsi que messieurs Louis Sneyers et Joseph Nihoul. Ce sont les locaux actuels, et l'école était toujours mixte.


En 1923, monsieur Joseph Nihoul, devenu bougmestre de Cras-Avernas, tomba d'accord avec monsieur le curé Wauters, l'inspecteur diocésain et madame Wauthier, pour qu'on intègre l'école libre dans l'enseignement communal.


En 1924, il proposa au conseil communal l'adoption de l'école et de lui assigner l'enseignement des filles, les écoles communales devant rester en principe mixtes, mais réservées spécialement aux garçons.
Cette adoption fut vôtée le 27 septembre 1924.Tous les garçons devaient aller en classe chez les maîtres, c'est à dire à l'école communale de garçons, et les filles resteraient chez les religieuses.


Cela resta ainsi jusqu'en 1948, lorsque les autorités décidèrent que les les petits garçons de 1ère et 2ème année continueraient les cours chez les religieuses jusque l'âge de 8 ans.
Le 15 septembre 1948, la maîtresse du degré inférieur prit donc sous son autorité les 2 années de garçons. Cela dura 8 ans. Comme l'institutrice de l'était démissionnaire, les garçons retournèrent en septembre 1958 à l'école communale, d'après l'entente lors de la séparation des garçons et des filles. Les garçons à l'école communale, et les filles à l'école religieuse.